Vendredi 13 octobre 2006
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Mon premier orgue de Barbarie, je l'ai eu en 1999. C'était à l'époque où je quittais l'univers du Jazz dans lequel j'évoluais depuis 1986 en tant que chanteur principalement mais aussi pianiste, guitariste ou batteur, suivant les groupes au sein desquels j'exerçais mon art.
De part le style, j'étais souvent ( au travers de la musique ) outre-Atlantique et toutes ces années mon ramenées à ma terre natale. D'abord en empruntant le chemin maritime pour enfin suivre le chemin fluvial que j'avais quitté début 1980. Familier de ces deux milieux, j'avais déjà écrit deux ou trois textes traitant du sujet. De nouveaux horizons s'ouvraient à moi et comme j'ai toujours eu l'âme d'un aventurier-voyageur, j'ai suivi la lumière...
Et puis je voulais faire quelque chose de plus personnel, composer comme je le faisais dés que j'ai commencé la musique mais surtout, parler de choses originales et pas courantes.
Je me suis remis à écrire et à composer, mais pour cela, il fallait trouver matière à inspiration alors, je suis allé souvent voir mes potes du milieu maritime en Bretagne, voyagé le long des côtes de France, embarqué à bord de navires maritimes et fluviaux pour me réimprégner de la vie à bord.
Seul, je devais travailler mes chansons et les interpréter avec un instrument adéquate, alors je me suis trouvé un accordéon-piano. Je n'avais jamais joué de ce truc là mais maîtrisais déjà le piano alors pas de problème pour la main droite, il a fallu m'habituer au jeu de main gauche. L'apprentissage d'un instrument quel qu'il soit ne se faisant pas du jour au lendemain, je devais trouver une solution pour me produire rapidement sans perdre de temps à chercher des musiciens en attendant que mon niveau à l'accordéon soit satisfaisant etc...
Et un beau matin, je ne sais pas pourquoi, m'est venu en tête une image qui ne me quittais plus: Celle d'un orgue de Barbarie, alors que je n'étais pas du tout interressé par ce machin ringuard, qui sonne toujours faux qui ne joue que "mon amant d'St-Jean" ou " le petit vin blanc".
Mais voilà, cela me semblait être le moyen le plus rapide de trouver un orchestre ( puisqu'il est dedans ) et de faire entendre le fruit de mes derniers travaux en attendant que je soit opérationnel à l'accordéon.
J'ai commencé par rechercher des facteurs d'orgues en vue de faire un stage d'entreprise pour m'informer, observer, manipuler, bref, me former... Ce fut un échec car les luthiers en question n'offraient pas ce genre de prestation, n'avaient pas de temps à consacrer à la formation ou l'apprentissage, mais aussi que j'étais trop vieux, trop loin etc...
Après plusieurs contacts vains, j'allais me résigner, quand un membre de l'AAIMM m'appris qu'un stage avait lieu chaque année en Ardèche où l'on formait des "tourneurs de manivelle" ou futurs tourneurs, à la fabrication d'orgue de Barbarie. Je pris contact avec l'association qui organise le stage et en effet, il y avait bien ce genre de prestation mais contrairement à ce que m'avait annoncé mon interlocuteur, on ne repartait pas avec son orgue à l'issue du stage ( d'une semaine ). Je m'inscris au stage qui a lieu fin Juillet et qui permet de repartir avec les plans pour fabriquer l'orgue et commence à m'interesser à l'écriture des cartons d'orgue. Miracle, j'apprends qu'il existe un logiciel qui permet d'écrire soit même ses cartons. Autre miracle, je fais une rencontre qui sera déterminante en la personne de Michel Hoquet et de son épouse qui en plus d'être des gens charmants, sont une véritable encyclopédie du folklore Lorrains et de la chanson Française en général. Michel m'a appris une foule de choses sur le sujet en plus de l'aspect traditionnel. J'ai commencé à écrire mes premiers cartons sur ses conseils puis par l'intermédiaire du logiciel "Harmony assistant" chez Myriad. Lorsque quelques cartons furent imprimés, j'étais impatient de les écouter, alors bien sur, je pouvais disposer des orgues de Michel, mais il me fallait m'en procurer un rapidement en attendant que je fabrique le mien et le stage était encore loin.
Toujours sur les conseils éclairés de Michel, je fis donc l'acquisition d'un orgue à anches ( lames vibrantes comparables à celles d'un accordéon ) fabriqué par Jean-Paul Erman, facteur d'orgues professionnel et diplomé.
L'instrument est donc un orgue pneumatique à anches contairement à ceux dits: mécaniques et à tuyaux ( flutes ). Il comporte 27 notes dont 4 basses, une gamme diatonique et une dernière chromatique. Il fonctionne non pas avec des cartons perforés mais avec des rouleaux papier de 80g, ce qui permet de gagner en place, en poids et en temps d'émission. Il est portatif et léger.
Pour les cartons et le stage: voir l'article " Cartons d'orgue ".